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Malgré leur réputation pacifique, les bonobos sont agressifs, surtout envers les mâles
information fournie par AFP 11/03/2026 à 21:25

Un bonobo au zoo de Wilhelma à Stuttgart, en Allemagne,le 23 avril 2013 ( DPA / FRANZISKA KRAUFMANN )

Un bonobo au zoo de Wilhelma à Stuttgart, en Allemagne,le 23 avril 2013 ( DPA / FRANZISKA KRAUFMANN )

Bien que réputés pour leur altruisme et leur pacifisme, nos cousins les bonobos sont tout autant agressifs que les chimpanzés, mais ciblent eux principalement les mâles, selon une étude publiée mercredi.

Vivant en sociétés matriarcales, ces grands singes au regard doux sont loin d'être exempts de poussées de violences, assurent dans la revue Science Advances des chercheurs européens.

Ces derniers ont observé 13 groupes de bonobos et neuf de chimpanzés - d'autres cousins de l'Homme vivant en systèmes patriarcaux et réputés pour être violents - dans des zoos afin de voir si l'une de ces deux espèces avait plus tendance à agresser ses pairs que l'autre.

En mesurant différents types de comportements agressifs, avec ou sans contact physique, comme par exemple des lancers d'objets, des manoeuvres d'intimidation ou encore des morsures et des gifles, ils n'ont "constaté aucune différence globale dans les taux d'agressivité absolus entre les deux espèces", écrivent-ils.

- Bataille des sexes -

Néanmoins, des divergences sont apparues "dans la manière dont l'agressivité est répartie" au sein de ces espèces, explique à l'AFP Nicky Staes, co-autrice de l'étude.

"Chez les chimpanzés, l'agressivité provient principalement des mâles et s'exerce à la fois envers les mâles et les femelles, tandis que chez les bonobos, les niveaux d'agressivité sont assez similaires chez les deux sexes, mais s'exercent principalement envers les mâles."

En résumé: chez les chimpanzés, les mâles sont en haut de la hiérarchie et manifestent le plus de comportements agressifs tant à l'égard de leurs pairs que des femelles qu'ils dominent.

Tandis que chez les bonobos, les femelles dominent, mais les mâles n'en demeurent pas moins violents. Et les femelles comme les mâles dirigent principalement leur agressivité vers leurs pairs masculins.

Ces dernières observations ont surpris les chercheurs, rapporte Emile Bryon, également co-auteur de l'étude.

"Étant donné que les femelles bonobos sont dominantes et que les individus dominants se disputent les ressources entre eux, on pourrait s'attendre à une certaine agressivité entre femelles bonobos. Or, notre étude indique le contraire", relève-t-il auprès de l'AFP.

- Ancêtre commun agressif ? -

Ce manque d'agressivité entre les femelles dominantes pourrait s'expliquer par le recours des bonobos aux interactions sexuelles pour désamorcer les conflits ou encore à une "redirection" de l'agressivité "vers les mâles, qui joueraient alors un rôle de tampon dans la dynamique compétitive des femelles", avance-t-il.

Ces observations, qui comportent certaines limitations liées au contexte de captivité, où la nourriture n'est pas autant source de tensions qu'à l'état sauvage, mettent également en lumière une grande variabilité de ces comportements agressifs au sein même des espèces.

Certains des groupes de bonobos et de chimpanzés étudiés apparaissent ainsi particulièrement agressifs et d'autres plus pacifiques que la moyenne, ce qui "suggère que limiter notre compréhension d'une espèce à une poignée de groupes peut empêcher de saisir la pleine diversité" de ses comportements, abonde M. Bryon.

Or, la conduite de ces deux grands singes nous intéresse particulièrement car il s'agit de nos plus proches parents.

"Il existe un grand débat en anthropologie évolutionnaire pour savoir si les humains descendent d'un singe violent ou d'un singe plus coopératif et pacifique", détaille Nicky Staes. Les conclusions de cette étude suggèrent "que l'agressivité était probablement présente chez l'ancêtre commun des humains, chimpanzés et bonobos".

Elles montrent également que la violence est loin d'être figée et peut "varier considérablement" selon les individus, les groupes et les dynamiques de pouvoir, pointe M. Bryon, ce qui pourrait donner un nouvel éclairage à notre compréhension de l'agressivité humaine.

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